Zan

(marque de réglisse, France)

 

Au XIXsiècle, Uzès était une ville prospère. De nombreuses industries y étaient implantées, telles que la poterie, des usines de filature et de tissage, des papeteries, des confiseries. Au milieu du XIXsiècle, la région subit une crise de production de la soie, due à la maladie de la péprine. Cette crise, conjuguée à la crise du sucre, va provoquer une réaction dynamique de la part des industriels qui vont s’orienter vers d’autres productions et, notamment, la réglisserie. En 1855, Henri Lafont, originaire d’Uzès, qui avait déjà exercé plusieurs activités, racheta une ancienne papeterie au lieu-dit la Californie, au bord de l’Alzon, peu après le Pont des Charrettes. Sept ans plus tard, il ouvrit une usine de réglisse en ce lieu et en confia la direction à Alphonse Perdrix. À la mort d’Henri Lafont (1863), la fabrique d’Uzès, reprise par ses gendres, Léonce Vincent et Henri Abauzit, prit nom d’« Abauzit et Vincent ». À la suite de la mort de Léonce Vincent (1873) et du mariage de la fille d’Henri Abauzit avec Paul Aubrespy,  elle céda place à une nouvelle société, « Abauzit, Perdrix et Aubrespy », sous la férule d’Henri Abauzit, de Paul Aubrespy, et d’Adolphe Perdrix. Au fil de ces années, l’entreprise ne cessa de se développer, jusqu’à implanter une seconde usine sur les bords de l’Èbre, à Mequinenza à la limite de l’Aragon et de la Catalogne (Espagne).

Mais les associés se séparèrent en 1883. Alphonse Perdrix acquit l’usine espagnole de Mequinenza. Par ailleurs, il racheta la réglisserie créée par Pierre David en 1858 à Uzès — d’abord établie à la Fontaine d’Eure, transférée à l’ancienne briquetterie de la Lauze, cette entreprise avait été rachetée, en 1869, par Alphonse Foussat, puis, en 1874, par un négociant de Sommières, Louis François Causse, qui avait engagé Auguste Victor Deleuze pour lui donner un nouveau souffle. Spécialiste des pâtes noires et du pastillage, parallèlement à la fabrication des billes, elle s’était illustrée dans les expositions internationales et avait déposé des brevets qui firent progresser, de façon notable, le travail des pâtes.

 

De leur côté, Henri Abauzit et Paul Aubrespy rachetèrent l’usine d’Uzès. C’est ce dernier qui déposa la marque « ZAN suc pur » le 7 juillet 1884. La légende veut que, déjeunant avec des amis dans un restaurant parisien, Aubrespy ait prêté oreille aux zézaiements d’un enfant. Voulant manger de tout, ce petit garçon disait à sa mère : « Maman, z’en veux ! Maman, donne-moi z’en ! » Du langage de l’enfance ainsi serait né le nom célèbre. À partir de 1912, la société se dota d’une deuxième usine, à Marseille, spécialisée dans l’extraction du suc de réglisse. Paul Aubrespy céda l’entreprise à ses gendres, Louis Teissonnière et Paul Kreitmann. Celle-ci devint « Maison P. Aubrespy, Teissonnière et Kreitmann successeurs », avant de devenir la SARL « Réglisse ZAN » à la mort d’Aubrespy, à la fin des années 1920. Elle devait ensuite être gérée par les fils de Teissonnière et Kreitman. En 1970, elle fusionna avec Ricqlès, qui avait repris Car quelques années plus tôt. La société Florent rejoignit le groupe en 1975. Enfin, en 1986, le groupe Haribo International prit le contrôle de la S. A. Ricqlès-Zan.

Le mot Zan est entré dans la langue quotidienne. L’expression « bout de zan » est désormais reconnue, pour désigner une personne de petite taille, généralement une femme. Le terme zan est aussi souvent utilisé pour désigner la réglisse en général.

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Chromos

 

Coll. A. P.-R.

Coll. A. P.-R.

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1960

1962

1967

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