Braquier

(confiserie, France)

 

La confiserie Jean Boivin, connue pour ses dragées, fut créée à Verdun, en 1783, rue Mazel. De son côté, François Braquier (1819-1891) créa sa fabrique de dragées en 1852. Son fils, Léon (1854-1936), s'associa en 1878 avec Édouard Boivin. Tous deux achetèrent le château de Coulmier, ancienne villégiature des évêques de Verdun, qu’ils transformèrent en usine.

À partir de 1890, après la mort d’Édouard Boivin, l’entreprise fut gérée par Léon Braquier seul. Détruite lors de la bataille de Verdun, en 1916, l’usine fut rebâtie et modernisée. La raison sociale « La Dragée de Verdun » se substitua aux anciens établissements L. Braquier le 11 août 1921. En 1995, l’activité fut reprise par la société « Dragées Braquier », laquelle allait être rachetée en 2000 par le Groupe François Industrie.

A gauche : Léon Braquier.

Ci-dessus : Usine du château de Coulmier, 1901.

Cette maison s’illustra en fournissant maintes personnalités. Outre bouquets et compositions en dragées, elle conçut de surprenants conditionnements explosibles.

 

« obus,

en confiserie, contenant en sucre ou en chocolat de forme cylindro-ogivale évoquant le projectile de guerre et qui, en se brisant, délivre friandises, bonbons, petits objets, etc. Cet article à effet de surprise, lancé après la guerre de 1870, fut très en vogue à la fin du xixe siècle et au début du XXe. Il est aujourd’hui tombé en désuétude, mais subsiste un peu à Verdun où sa célébrité est liée aux dragées. De fait, c’est là une spécialité traditionnelle de la maison Braquier, qui s’était d’abord illustrée avec la Bastille explosible, une Bastille en carton dont l’explosion laissait échapper dragées, rébus, charades, etc., ou la Bombe Orsini explosible en chocolat, faite d’après celle utilisée dans l’attentat de la rue Rossini, le 14 janvier 1858 — comestible, celle-ci explosait pour délivrer dragées, rébus, devises, horoscopes, charades, etc., ainsi que la biographie d’Orsini et sa lettre à Napoléon III.

Léon Braquier sortant de son obus explosible, dans Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, juin 1891.

Ces inventions s’inscrivaient, en fait, dans une certaine mode gourmande dont témoigne un article de La Famille, en date du 20 septembre 1896 : « Un ingénieur de l’Est vient d’inventer quelque chose de vraiment original : la confiserie explosible. Pour les grands dîners, il fait des Bastilles en nougat qui s’effondrent sous l’effort de la mine et qui donnent presque l’illusion d’y avoir été. Pour les dîners moyens, on se contente de l’obus en chocolat que les prospectus recommandent en ces termes :

“ Pas de repas sans le nouvel obus explosible, en chocolat et sucre, breveté ou déposé dans les principaux pays de l’Europe.

“ Un arrêt de cour de Nancy protège mon obus explosible.

“ Il suffit d’allumer la mèche qui se trouve au sommet pour produire l’explosion qui projette sur la table une certaine quantité de dragées, rébus, devises, charades, photographies, surprises, jeux de cartes, images magiques, morceaux de musique, lettres à double sens, etc. ”

» Au verso, c’est complet : nous avons la “ bombe Orsini ” en sucre et cacao, sans doute réservée aux banquets révolutionnaires.

» À quand la “ marmite ravacholique ” en sucre et chocolat ? »

La confiserie de Verdun continue de proposer son obus en chocolat, qui, en 1905, lors de la Fête de la Dragée, contenait la Reine de la Dragée et qui, en 1910, eut les honneurs du roi des Belges, lequel n’hésita pas à y mettre le feu lui-même, en présence de la Reine. « Le meilleur dessert, c’est la gaîté », telle était sa devise. Reproduction d’un modèle d’obus du siège de Verdun, en 1870, l’Obus de Verdun laisse échapper, en éclatant, un flot de dragées et d’objets étonnants.» »

© Dictionnaire de la Goutmandise, Robert Laffont, 2012.)

Dépliant publicitaire 1898

Chromos

Cavalcade 2 avril 1905, char de la dragée, par Léon Braquier.

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