Pernot

(biscuiterie, France)

 

Coll. A. P.-R.

Cette biscuiterie fut créée à Dijon en 1869 par François-Auguste Pernot (1840-1924). Après un apprentissage chez un épicier de Dijon, puis dans la biscuiterie anglaise Huntley and Palmers, il épousa en 1864 Marie-Rosalie Gille, dont il associa le patronyme au sien en baptisant sa fabrique A. Pernot-Gille et Cie. Dans un premier magasin, sis au numéro 28 de la rue Guillaume (auj. rue de la Liberté), tous deux exercèrent le commerce d’épicier-grainetier, fabricant de vermicelles et, plus tard, de moutarde au verjus et de vinaigre de Bourgogne. En 1867, l’entreprise devint « dépositaire de la farine mexicaine » à Dijon. C’est en 1870 que la biscuiterie fit ses débuts, d’abord rue Devosge (n° 34), puis rue Courtépée (n° 12-20). Pernot ne tarda pas à développer sa firme : acquisition d’une fabrique de dragées, puis d’une fabrique de cartons et de papiers de luxe. Mais contraint de se retirer pour raisons de santé, il la vendit en 1883 aux frères Lucien et Georges Richard, qui la rebaptisèrent Manufacture dijonnaise des Biscuits Pernot.

Lucien Richard (1857-1930), polytechnicien de formation, directeur de la Manufacture des Biscuits Pernot à Dijon, qu'il acheta avec son frère Georges (1856-1938), juriste e formation. 

 

En 1886, il la transforma en société anonyme, consacrée à « la manipulation, la fabrication, la cuisson et la vente de biscuits, pains d’épices et autres produits similaires » (article 2 des statuts) et en confia la direction à deux cousins, Lucien Richard et Paul Regnault — il resta président et administrateur jusqu’en 1898. Dès lors, et ce en dépit des querelles intestines, la société connut un essor considérable. Plusieurs usines à Dijon et une autre à Genève fabriquaient la large gamme de ses produits : gaufrettes, fantaisies variées (cigarettes, escargots, etc.), petits beurre, bricelets, pains d’épices, nonnettes et autres gâteaux secs.

Seconde unité de production dans le quartier de Jouvence,

inaugurée en 1903.

Dans son Voyage en France (1903), Ardouin Dumazet évoque l’activité de cette entreprise, qui n’occupait alors pas moins de quatre cents personnes, et fournit, par là, un intéressant témoignage sur ce que fut l’industrialisation pour l’art du biscuit : « Cette usine [..] est une merveille d’organisation. Créée d’un seul jet selon les méthodes les plus modernes, entièrement actionnée à l’électricité, elle étonne par son ampleur, la clarté et l’étendue de ses hall, l’ingéniosité de ses machines. Les auteurs de contes de fées, qui conduisent les enfants dans les palais enchantés de la confiture et des croquignoles, n’ont jamais imaginé un tel spectacle. On voit les mélanges de fine farine, de lait, de beurre, d’œufs, de sucre, de miel se transformer en appétissantes pâtisseries sans que la main touche à la pâte. Là, des petits fours, poussés d’une poche, vont cuire sur une tôle tournante ; dans une autre salle, les pains d’épice prennent les formes les plus variées ; puis ce sont les biscuits, secs ou fourrés, les gâteaux d’amande, les nonettes glacées. Des emporte-pièce découpent la pâte, des moules l’enjolivent. Au milieu de toutes ces gourmandises, une légion d’ouvriers et d’ouvrières de bonne mine, revêtus d’uniformes de travail propres et seyants. Les hommes ont un maillot rouge et blanc, les femmes et les jeunes filles sont en blanc si elles manipulent le sucre, en étoffe crème si elles se trouvent à la tête d’un service, en bleu-gris si elles sont chargées d’empaqueter et coller les boîtes. »

La fabrique dijonnaise ne cessa de s’agrandir et multiplia ses établissements. Dans l’entre-deux-guerres, elle devait compter jusqu'à 1 200 employés et produire 400 variétés de biscuits. Ses produits phare étaient : l'Altesse, les Délices vanillés, la Croquette dijonnaise, le Piou-Piou, les gaufrettes Jamaïque, les gaufrettes framboisées, les biscuits perle, les biscuits à la cuiller, les couronnes aux fruits, les nonnettes glacées à l'orange ou à la vanille, etc.

Malheureusement, la firme ne résista pas aux dures exigences du XXsiècle — plus que 150 employés en 1960. Rachetée par Olibet dans les années 1960,  la marque disparut en 1980. 

Coll. A. P.-R.

« Un seul d’entre nous six possédait un rudiment de bien, qui tenait tout entier, il faut le dire, dans une petite boîte en zinc de biscuits Pernot, marque célèbre alors et dont je n’entends plus parler.  »

Louis-Ferdinand Céline

Voyage au bout de la nuit

Les affiches

 

N’en reste que le souvenir à travers ses attrayantes publicités signées par Cappella, Noirot, Loévy, Jossot, Guillaume, etc.

Dijon ; Paris : Gérin, ca 1910.

Leonetto Cappiello, 1905.

Jack Abeillé, 1901, Dijon ; Paris : G. Gérin fils.

1897.

Les chromos

Coll. A. P.-R.

• Histoire de l'habitation humaine

 

• Les grands ports du monde

 

• Le travail chez tous les peuples.

 

• Les fleurs

 

Les cartes postales

 

• Les plages de France

 

Divers

 

Pour en savoir plus : 

les biscuitiers patriotes

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/histoires-14-18-biscuitiers-patriotes-861019.html

le livre d'Albert Ricols, 2007 : 

• le catalogue de l'exposition Biscuits Pernot, une manufacture dijonnaise, 1869-1963, 1991. Exposition à  Dijon (Musée de la vie bourguignonne Perrin de Puycousin, 30 mai-29 octobre 1990) et Genève (Musée d'ethnographie, annexe de Conches, 27 février-18 août 1991) :

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