Siraudin

(confiserie, France)

 

Confiserie de la rue de la Paix, à Paris. 

Son fils, qui lui succéda,  donna une impulsion nouvelle à l'entreprise en créant de nouveaux bonbons. La seule description qu'en donne la vicomtesse de Renneville dans Le Figaro du 1er janvier 1865 met l'eau à la bouche : « Les nouveaux bonbons de Siraudin II , dédiés au 1er janvier 1865, s'appellent : le Mont-Carmel, — l'africaine — et la mandarine.

Le Mont-Carmel est tiré d'une liqueur tonique et balsamique très délicate comme parfum et comme goût.

L'africaine est une vraie conquête en confiserie. On mange le fruit fraîchement cueilli au lieu d'en avoir le souvenir.

La mandarine est le fruit même avec son arôme éthéré.

Rappelons aussi les marrons glacés, qui ont obtenu un brevet, rien que cela ! et qui ont une suavité moelleuse que nul autre marron ne peut égaler. Quant aux objets d'art et de fantaisie consacrés aux étrennes, une petite fée toute mignonne et toute gracieuse, qui trône chez Siraudin II en dame souveraine, a brodé de perles et de fleurs un sac rempli de coquetterie et de bonbons, qui s'appelle Chevalier Printemps. — Chaque petit sac est illustré d'un bouquet de fleurs de Constantin, inclinons-nous. — On cueille muguet, roses, lilas, pâquerettes, jasmin à la boutonnière du Chevalier Printemps pour s'en faire une coiffure.

Et les boîtes d'Alphonse Karr, quelle floraison de violettes !… Sur une boîte de satin blanc s'étale une gerbe verdoyante de la fameuse herbe auxdturquoises du jardin de Nice.

Et tous ces paniers bordelais, aussi provoquants que la coiffure des Bordelaises, avec leurs bords renversés.

Et toutes ces coupes et jardinières en marbre, signées Meyer, les dernières œuvres d'un artiste qui se retire comme Cincinnatus dans sa gloire.

Et toutes ces splendides boîtes à cachemires, illustrées de féeries, en broderies d'or et de soie de toutes couleurs.

Et les poupées, ou plutôt disons le mot, la revue de l'année faite pour Siraudin II, avec un certain esprit de malice, sous le prétexte d'offrir des bonbons aux jolies femmes.

Mlle Thérésa, en sapeur, marche en tête des actualités. Puis c'est le petit facteur, le message de Cupidon, apportant dans sa boîte à lettres, soit un quatrain d'Alphonse Daudet, soit un bijou de Froment-Maurice.  M. et Mme Polichinelle, qui sont trop pimpants et trop gracieux pour être grotesques. Et enfin Mlle de Sainte-Cocotte, blonde comme une moisson, ébouriffée comme un épi qui vient d'être battu, habillée d'un habit de satin blanc, à retroussis de velours bleu, comme les merveilleuses du jour, ayant pour coiffure une cocotte, en guise d'enseigne, et tout au bas de sa robe une série de cocottes en velours bleu soutachées d'argent.

La jolie poupée blonde, en cocotte bien apprise qu'elle est, laisse tomber de ses petites mains de duchesse toute une collection de petites cartes photographiques, représentant sa gracieuse personne, et qu'elle se propose d'offrir à tous les princes de la gandinerie, quand elle ira au bois de Boulogne. »

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