M

 

 

macaron

 

À Noël maman m’a dit

que Jésus vient à minuit

Apporter de beaux présents

aux enfants obéissants

Petit Jésus est venu

Pour nous il est descendu

Avec joujoux et macarons

Et gros cornets de bonbons.

Invocation enfantine,

Noël, Picardie

Là ils recommencèrent à manger gâteaux, noisettes, fruits,macarons, sucre d’orge et autres gourmandises toujours fort appréciées des enfants […].

Comtesse de Ségur

Diloy le Chemineau

Comme ses deux chandeliers et son bougeoir n’étaient pas suffisants, il avait emprunté au concierge deux flambeaux ; et ces cinq luminaires brillaient sur la commode, que recouvraient trois serviettes, afin de supporter plus décemment des macarons, des biscuits, une brioche et douze bouteilles de bière.

Gustave Flaubert

L’Éducation sentimentale

 

Des petits garçons et des petites filles passent aussi, chargés de provision, et quelques-uns s’arrêtent pour ouvrir les paquets et prendre délicatement un bonbon, un morceau de sucre, un macaron.

Camille Lemonnier

La Noël du petit joueur de violon

Qu’un macaron de Frascati fut moulu entre les mâchoires, s’émiettât, transmît à cent points de la langue et du palais telles satisfactions imprévues, le gourmand se croyait un Omer centuple ; car l’esprit s’augmentait alors de cent manières d’être affecté.

Paul Adam

L’enfant d’Austerlitz

 

Bientôt cependant, le chirurgien de nouveau m’attira. Il avait préparé des macarons et chaque fois qu’à l’avenir il m’étendit sur son lit, j’assistai à ses ébats sans gloire, placide et résignée, indifférente, comme on assouvirait une vengeance, en mangeant des macarons.

Marcel Jouhandeau

Élise

 

Soames prit la tasse de thé qu’elle lui tendait, la vida rapidement, et mangea trois de ces macarons, gloire de la maison de Timothy.

John Galsworthy

Aux Aguets

Petit dépliant publicitaire, Les Sœurs  Macarons, Nancy. Coll. A.P.-R.

madeleine

 

La madeleine corse était bonne à manger

Je me souviens du temps où j’en mangeais à Nîmes

Et l’on ne saurait pas, vieux, assez t’engager

À m’envoyer encore de ces marrons opimes.

Guillaume Apollinaire

Lettre à Toussaint Luca*, 27 octobre 1915

 

* Apollinaire, alors au front, remercie son ami pour les biscuits et marrons que celui-ci lui a envoyés.

Alexandra Nea.

Au-dessus des rideaux plissés de la vitrine, l’église de la Madeleine alignait ses colonnes. Il regarda les fines raies de son gâteau et tenta un vague rapprochement. C’était sans doute pour cela que cette chose exquise s’appelait madeleine et on ne devait en manger nulle part ailleurs. Pourtant, il lui sembla en avoir déjà vu chez le pâtissier du faubourg. Il s’interrogea sans trouver de réponse. Il ne devait apprendre que beaucoup plus tard qu’un monsieur s’était déjà penché sur cette question.

Robert Sabatier

Trois sucettes à la menthe

 

Je vais préparer un bon chocolat, annonça Virginie, et j’ai des madeleines. — Miam-miam, dit Olivier.

Robert Sabatier

David et Olivier

 

Où étaient-elles les boîtes de cacao Van Houten, les boîtes de Banania avec leur tirailleur hilare, les boîtes de madeleines de Commercy en bois déroulé ?

Georges Perec

La Vie mode d’emploi

 

Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et la drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. […]

Marcel Proust

Du côté de chez Swann

[…]

Oui le train démarre et m’emporte avec les fleurs

et ces fleurs moi je les apporte

à cette crispante harpie

qui crie sur le quai d’une gare

son affreux cri

 

Dragées de Verdun

Madeleines

Madeleines de Commercy

 

Oui je lui apporte ces fleurs-là en plein air

comme à une morte sous terre

pour qu’elle se taise

oui

qu’elle cesse un instant son cri

Marie-Madeleine de Commercy

son affreux cri de guerre

qui porte la poisse au permissionnaire qui s’en retourne à la tuerie. »

 

Jacques Prévert

La Pluie et le beau Temps

maïs

 

Puis, elle tint des gâteaux, des galettes, des tartes aux cerises, des croquets, des biscuits dmaïs, épais et jaunes, sur des claies d’osier ; mais Marjolin lui mangea son fonds.

Émile Zola

Le Ventre de Paris

 

À ceux-ci, Jonas offrait cette sorte de bouillie ou gâteau de maïs, connue sous le nom de “ mamaliga ”, qui n’est point désagréable, quand on l’imbibe de lait fraîchement tiré. Àceux-là, il présentait maint petit verre de ces liqueurs fortes qui coulait comme de l’eau pure à travers les gosiers roumains, l’alcool de “ schnaps ” qui ne coûte pas un demi-sou le verre, et plus particulièrement le “ rakiou ”, violente eau-de-vie de prunes, dont le débit est considérable au pays des Carpathes.

Jules Verne

Le château des Carpathes

 

Si les corbeaux de Napoléon Ier ne nous ont pas volé notre maïs à la cassonade, mangeons-le en prenant le thé et je suis prête.

Jean Giono

Le Hussard sur le toit

 

Le gâteau de maïs ne se mange pas dans nos pays et nous n’avions jamais goûté à la millasse du midi, encore moins à la polenta d’Italie…

Catherine Paysan

Nous autres, les Sanchez

 

En cette nuit miraculeuse de la Saint-Jean, solitaires dans la villa devant la table surchargée de canjica et de galette, de manuels et de liqueurs, les quatre sœurs attendent aussi, cette pluie fâcheuse empêche les visites […].

Jorge Amado

 Tereza Batista

 

Ce qui me frappait, c’est que cette superbe cousine donnât le sein aux enfants des autres. Son lait, son bon lait bourguignon allait à des lèvres étrangères alors que ses propres enfants, élevés au village par une grand-mère, se contentaient de lait de vaches, de bouillie et de gaudes !

Henri Vincenot

La billebaude

manqué

 

Quelques jours après, la dame qui vint régler la note prodigua ses félicitations sur l’excellence de ce nouveau gâteau. — Comment l’appelez-vous ? dit-elle. Le patron et les caissières se jetèrent un coup d’œil interrogatif. — Un gâteau manqué, Madame !

Joseph Favre

Dictionnaire universel de cuisine

mantecado

 

— Elle est bête, qu’est-ce que tu veux ! Elle vendrait aussi des mantécaos, ça li’agrandirait son commerce.

Xavier de Montépin

La Porteuse de pain, vu par Roland Bacri, Trésors des racines pataouètes

mariage

 

Quand un pâtissier va livrer en ville une pièce montée.… un grand gâteau de noce sou d’anniversaire… il met la pièce montée dans un panier… il met le panier sur sa tête… il s’en va là où il doit aller… il s’en revient la course faite le panier à la main et ceux qui le voient passer disent Voilà un pâtissier parce qu’un pâtissier c’est quelqu’un…

Jacques Prévert

La crosse en l’air, 1936, dans Paroles

 

 

“ Madame la mariée et toute la compagnée ”

(Poitou)

 

« Adieu le souci,

La liberté jolie !

Adieu le temps chéri

De vot'bachelerie ;

Adieu les beaux discours

Qui se font dans l'amour.

 

Vous n'irez plus au bal

Madam'la mariée,

Vous aurez l'air sérieux

Devant les compagnées,

Vous garderez l'maison

Pendant que nous irons.

 

Le bouquet que voilà,

Qu'i vous prions de prendre,

C'est un bouquet de fleurs

Pour vous faire comprendre

Que les plus grands honneurs

Passent comme les fleurs.

 

Le gâteau que voilà,

Que ma main vous présente,

Prenez-en un morceau,

Car il vous représente

Qu'il faut, pour se nourrir,

Travailler et souffrir.

 

Vous souhaitons l'bonjour,

Madam'la mariée,

Souvenez-vous toujours

Que vous êtes liée. »

 

 

— Mais qu’est-ce que c’est que cette boîte ronde ? John, mon cœur, c’est un gâteau de mariage.

— Il n’y a qu’une femme pour trouver cela, dit John avec admiration. Jamais un homme ne l’aurait deviné. Je parie que si l’on mettait un gâteau de mariage dans une boîte à thé, dans un baril de saumon, ou dans quoi que ce soit, une femme le dénicherait tout de suite. Oui, je l’ai pris chez le pâtissier.

— Comme il pèse ! il pèse un quintal ! s’écria Dot, en essayant de le soulever. De qui est-il ? À qui l’envoie-t-on ?

— Lisez l’adresse de l’autre côté, dit John.

— Comment, John ! Bonté de Dieu !

— Y aurez-vous pensé ? répondit John.

— Vous ne m’en aviez rien dit, continua Dot en s’asseyant sur le plancher et en secouant la tête, tandis qu’elle le regardait. C’est pour Gruff et Tackleton le fabricant de joujoux.

John fit signe que oui.

Charles Dickens

Le grillon du foyer

marmalade

 

La crème de marron se laissa fléchir et s’offrit volontiers en accompagnement d’un cake qui ne demandait lui-même qu’à rendre service, en alternance avec la marmelade d’orange.

Noëlle Châtelet

Histoires de bouches

marmelade

 

Toutes ces marmelades sont excellentes lorsque le sucre n’y domine point, que les sucs ou les fruits sont bien cuits, elles font des remedes excellens dans le dévoiement, dans les pertes, & dans le relâchement des fibres. 

Encyclopédie

 

Il peut vous arriver de vouloir aller humer un peu de fraîcheur à telle ou telle campagne de votre connaissance, et de la trouver entièrement envahie par la gelée de groseilles et la marmelade de prunes.              

                 — Ce ne sont que terrines, bassinets, pots en faïence, écumoires et tamis. À partir du vestibule, votre ami se présente à vous avec des confitures jusqu’aux coudes. Il sort du laboratoire, il est le confiturier en chef ! Sa femme est également panachée ; les enfants ont des moustaches et des jeunes Frances en marmelade.

                  Intéressant tableau ! bien fait pour être intercalé au Musée prochain, avec le cachet du bonheur sur toutes les figures ; un fond de pruniers et de groseilliers dans le lointain, et l’indication suivante au livret :

                   — Famille parisienne venant de faire ses confitures.

Francis de Valrine

dans Le Prisme, Encyclopédie morale du dix-neuvième siècle

 

[…] mon chéri [Jean], je regrette de ne te donner pour ton dessert que de la marmelade de pommes. Mais j’ai recommandé à Mandore d’ajouter du zeste de citron et un petit bâton de vanille pour parfumer.

Colette

Gigi

 

Sous la porte fermée, un ruban d’odeur plate, chaste et âgée de quatorze à quinze ans, s’insinue dans ma chambre : l’odeur de la marmelade de pommes.

Colette

Prison et Paradis

 

[…] vous aimez les seiches dans son encre ? Ou de l’athai ? Ou une exquise sôpe ? Peut-être vous aimez du melon mode pour commencer ? Marmelade de figues ? Des mûres con crappe Grand Duc ?

Malcolm Lowry

Au-dessous du volcan

 

Il sait que dans un an, ou plus tard, ou plus tôt, ce sera le suicide, et pourtant il mange tranquillement ses croissants, avec beaucoup de beurre et de marmelade. Dommage qu’il n’y ait pas le pot d’origine de la marmelade, avec l’officier écossais de l’étiquette. C’est intéressant de regarder l’image de l’étiquette tout en mangeant, ça tient compagnie.

Albert Cohen

Belle du Seigneur

marron

 

En dépit du nouveau calendrier, les Parisiens, invariablement mûs par l’intérêt, la friandise et le mensonge, persistent à célébrer le jour de l’an, fixé au premier janvier par l’affreux Charles IX.

           Aussi les confiseurs, qui semblent avoir fait une étude réfléchie du cœur de ce peuple volage, règlent, pour le flatter, l’ancien almanach par le signe des pistaches et des marrons glacés.

Louis-Sébastien Mercier

Le Nouveau Paris, tome cinquième, chapitre CLXXIII, « Bonbons du jour de l’an »

 

Les entremets solides ne sont même pour lui [le véritable gourmand] qu’un amusement, et les autres une superfluité : quant au dessert, il n’y prise guère que le fromage et les marrons qui, en leur qualité d’altérans, lui servent de véhicule pour apprécier tout le mérite d’une cave.

Grimod de La Reynière

 Almanach des Gourmands, 1804

 

Dans les Goûters d’hiver, la châtaigne nutritive joue, sous le nom des marrons du Luc ou de Lyon, l’un des premiers rôles ; et le cidre d’Isigny en est l’accompagnement nécessaire.

Grimod de La Reynière

Almanach des Gourmands, 1805

 

[…] ce petit bonhomme […] s’avance vers le comptoir d’un pas assuré et, avec un sourire figé, les yeux fixés sur les bocaux de cristal pleins de sucreries, demande d’un ton larmoyant et d’une voix mourante et plaintive : « deux oranges confites, deux macarons, deux marrons glacés », etc. […].

E  T  Hoffmann

La Maison déserte, « Contes Nocturnes »

 

[…] le dîner achevé, on enleva la nappe, un coup de balai fut donné au foyer et le feu ravivé. Le grog fabriqué par Bob ayant été goûté et trouvé parfait, on mit des pommes et des oranges sur la table et une grosse poignée de marrons sous les cendres. Alors toute la famille se rangea autour du foyer en cercle, comme disait Bob Cratchit, il voulait dire en demi-cercle : on mit près de Bob tous les cristaux de la famille, savoir: deux verres à boire et un petit verre à servir la crème dont l’anse était cassée. Qu’est-ce que cela fait ? Ils n’en contenaient pas moins la liqueur bouillante puisée dans le bol tout aussi bien que des gobelets d’or auraient pu le faire, et Bob la servit avec des yeux rayonnants de joie, tandis que les marrons se fendaient avec fracas et pétillaient sous la cendre. Alors Bob proposa ce toast :

               “ Un joyeux Noël pour nous tous, mes amis ! Que Dieu nous bénisse ! ”

Charles Dickens

antique de Noël

 

“ Premier entr’acte,” de 65 minutes.— Le parterre se lève comme un seul homme, ainsi que disent les premiers-Paris ; des mouchoirs de couleur, des foulards sans couleur, sont fixés sur les banquettes, dont ils sanglent le foin et la toile pour marquer la place des premiers occupants, et à l’instant s’établit un va-et-vient de porteurs de l’“ Entracte ” (journal de circonstance), de bâtons de sucre d’orge qui ont à peine servi, de pommes écarlates, d’oranges blafardes et de marrons rôtis. Ces programmes, ce sucre d’orge, ces pommes, ces marrons, ce sont les éléments du drame, qui va sommeiller encore pendant deux entr’actes pour éclater plus tard avec les plus beaux effets de mise en scène.

Nestor Roqueplan

La vie parisienne

 

Le vrai signe de l’hiver, c’est la poêle du marchand de marrons sur son brasier rouge.

Théodore de Banville

Feuilles volantes

 

 

Chauds, les marrons, chauds ! L’Auverpin,

Sous sa toque en poil de lapin

Dont le bord usé se dépoile,

Roule des yeux de firolant,

Et, grave, avec un geste lent,

Tourne ses marrons dans sa poêle.

[…]

Jean Richepin

Interludes

 

Ils s’arrêtèrent pour se réchauffer devant un marchand de marrons. L’homme, revêtu d’un tablier à double poche, fendait d’un coup de tranchoir la robe brune des châtaignes, tout en remuant avec son couteau de bois celles qu’il avait déjà jetées sur le feu et qui, craquelées, pétaient joyeusement.

Jean-Christophe Duchon-Doris

Le cuisinier de Talleyrand

« M’établissant à très peu de frais,

Je suis votre ami des jours mauvais ;

Quand le soleil revient, je m’en vais.

Chauds, chauds, les marrons, tout chauds.

On en épluche un de temps en temps ;

Ça fait attendre le printemps.

 

Mieux que moi sont logés les hiboux.

Bah ! j’arrive à joindre les deux bouts.

— Combien, Madame ? Pour quatre sous ?

— C’est six sous le litre entier.

Dans un grand sac de papier.

On en épluche un de temps en temps ;

Ça fait attendre le printemps.

 

Sans mentir, voilà bien trente hivers

Qu’en ce trou, plié tout de travers,

Je vends le fruit des châtaigniers verts.

Je voudrais me reposer.

M’est-il permis de l’oser ?

J’en ai comme idée, il n’est plus temps,

Pour moi, d’attendre le printemps. »

 

Chanson publiée en 1791

 

 

Les marrons

 

Alfred était cité pour sa gourmandise ; dès qu’il avait quelque argent, il l’employait à acheter des gâteaux et des sucreries. Il aspirait tout le long du jour au moment de se mettre à table, et après avoir bien bu et bien mangé, il s’efforçait encore d’attraper quelque chose dans l’office ou dans le buffet.

               Un marchand vint proposer à son père de lui vendre des marrons de Lyon ; comme on n’en cultivait pas dans le pays, Alfred ne savait ce que c’était; il demanda au marchand si ces fruits bruns étaient bons à manger ; celui-ci répondit qu’ils étaient excellents, surtout quand on les mettait cuire sous la cendre chaude. Le père d’Alfred ne tomba pas d’accord avec le marchand et ne lui acheta pas de marrons, mais Alfred eut l’adresse de lui en dérober plusieurs poignées qu’il cacha dans ses poches.

                    Aussitôt il descend à la cuisine ; tandis que la cuisinière est occupée dehors, il met ses marrons sur le foyer, les couvre de cendre rouge, de charbons brûlants, et attend avec impatience le moment de goûter de ces fruits dont on lui avait vanté la saveur: il écoutait avec plaisir le bruit que les marrons commençaient à faire, lorsque tout-à-coup l’un d’eux fait explosion et lance au visage du petit gourmand, qui se tenait tout près, les cendres avec les charbons.

                 Alfred, étourdi, aveuglé, se mit à courir dans la cuisine en poussant des cris, en se cognant contre les meubles et contre les murs. Le père accourt, et quand il s’est assuré que son fils n’est pas blessé, il lui inflige la punition que méritaient et sa gourmandise et son vol. »

Johann Christopher Schmidt

 Contes pour les petits garçons, 1885

massepain

 

Déplacez le buffet, en veillant sur l’argenterie, pas ?Et toi mon vieux, mets-moi de côté un morceau de massepain [marchpane].

Shakespeare

Roméo et Juliette

 

Elle fit couvrir une grande table de ces fruits qui sont beaux, mais dont on ne sauroit manger, et de compotes de ces mêmes fruits avec des biscuits et des massepains d’amandes amères. Personne n’y mit la dent qui ne crachât aussitôt.

Tallemant des Réaux

Historiettes, CLXXVI, Madame de Liancourt

 

Les Apothicaires font cuire le sucre à la plume, pour les tablettes de diacartami ; & ce qui est plus agréable, les Confiseurs employent le même sucre pour leurs massepains.

Encyclopédie

 

Pauvres Gitanos ! Ici, comme dans le reste de l’Espagne, ils forment une caste à part, et sont considérés comme le rebut de la population ; les Gachés, — comme ils appellent dans leur langage tous les Espagnols qui n’appartiennent pas à leur race, — ne manquent aucune occasion de les humilier ou de les tourner en ridicule. Nous avons donné, en parlant des sainetes, un échantillon de la manière dont ils sont traités au théâtre. Dans les chansons populaires qui se vendent au coin des rues, on ne les épargne guère davantage : nous ne citerons que le Pasillo divertido entre Mazapany Chicharron ; c’est-à-dire le dialogue amusant entre Mazapan(massepain) et Chicharron (grosse cigale), à l’occasion d’un enterrement de Gitanos, — un duelo de Gitanos.

Charles Davillier

Voyage en Espagne, « Séville »

 

[…] Byron ne concevait que les poëtes maigres et les muses impalpables suçant un massepain tous les quinze jours […].

Théophile Gautier

De l’obésité en littérature, dans les Contes Humoristiques.

 

Mailly nous apprend que les femmes y entraient [dans les cafés], pour prendre du thé ou du café, et boire des vins de liqueur, avec des biscuits, des macarons et des massepains. Les hommes y buvaient aussi toutes sortes de boissons. On s’y donnait rendez-vous, on s’y reposait, on s’y entretenait d’affaires, en prenant des rafraîchissements, et de préférence, l’été, on buvait de la limonade et de l’orgeat.

Paul Lacroix, XVIIIsiècle : lettres, sciences et arts

 

C’était Noël. Je marchais dans une vaste plaine. La neige était comme du verre. Il faisait froid. L’air était inerte. Pas un mouvement, pas un bruit. L’horizon était courbe. Le ciel noir. Les étoiles mortes. La lune portée la veille en terre. Le soleil pas levé. Je criai. Je ne m’entendis pas. Je criai encore. Je vis un corps étendu dans la neige. C’était l’enfant Jésus. Les membres blêmes et raides. Son auréole : une rondelle jaune, gelée. Je pris l’enfant dans mes mains. Je fis bouger ses bras, de bas en haut, de haut en bas. Je soulevai ses paupières. Il n’avait pas d’yeux. J’avais faim. Je mangeai l’auréole. Elle avait un goût de pain sec. Je lui croquai la tête. Du massepain sec. Je repartis.

Friedrich Dürrenmatt

La ville

 

Portés sur les épaules de serviteurs en livrée et décorés des plus vives couleurs, s’avancèrent d’immenses édifices en massepain, représentant l’assaut des Croisés contre les forteresses maures de l’Orient, ainsi que des scènes de bataille navale contre les Sarrasins ; il n’y manquait pas un homme d’armes, pas un cheval, pas un arbalétrier. Ces pièces montées furent placées en grand nombre sur toutes les tables. Sur chaque navire victorieux en nougat, sur chaque château de pâte d’amandes arraché aux Sarrasins flottait le drapeau de la maison d’Aragon en sucre filé.

Orazio Bagnasco

Le Banquet

 

Colette remontée de la cave, il leur montra les cadeaux alignés sur la nappe : des boîtes de pâtisserie, un marzipan de Nuremberg, tout noir, bardé de figues, de noix et de pommes sèches, des livres, […].

Maurice Barrès

Colette Baudroche

 

[…] le massepain n’est pas seulement une saveur, mais aussi une texture, et la sensation qu’il procure au moment où il roule entre la langue et le palais compte autant que la saveur.

             […] Chacun en notre temps, nous avons crié “ Punto demazapan* ! ” et Doudoutch versait les amandes en poudre et éteignait le feu. “ Abbasho ! ” [en bas] crie l’enfant par terre et Doudoutch pose la casserole en la tapant sur le sol,  elle s’agenouille et vigoureusement elle mélange, mélange, et étale le massepain pour le faire refroidir.

Meîr Shalev

Le Baiser d’Ésaü

 

* « instant où le sirop de sucre qui cuit atteint le degré exact de fusion entre fluidité et viscosité. » (Meîr Shalev.)

matefaim

 

Nous arpentions l’avenue des Ternes, mangeant en guise de dîner des beignets farcis de confiture que nous appelions matefaims.

Simone de Beauvoir

La Force de l’âge

mélasse

 

On dressa devant le lama six longues tables basses chargées de plats en bois peint où s’entassaient des fruits secs chinois et kashmiri, du sucre, des gâteaux à la mélasse et des confiseries, des piles de biscuits torsadés, des carcasses de moutons séchés et diverses autres nourritures […].

George Bogle*

 

* Clements R. Markham, Narratives of the Mission of George Bogle to Tibet and of the Journey of Thomas Manning to Lhasa,Trübner and C°, Londres, 1879,  traduit de l’anglais par Christian Cler.

 

J’aurais pu parcourir toute la route sans un sou, mais comme nous nous conduisions en mendiants sybarites, nous régalant de gâteaux de mélasse, de fruits secs, de thé de première qualité, et consommions énormément de beurre […].

Alexandra David-Neel

Voyage d’une Parisienne à Lhassa

melon

 

Quel plaisir, lorsque avec furie,

Après la bisque et le rôti,

Un entremets bien assorti

Vient réveiller la mangerie !

Quand tu mords dans un bon melon,

Trouves-tu liqueur qui le vaille ?

Paul Scarron

Chanson à manger, Poésies, XVIIIsiècle.

Valentin Wassner, Nature morte, 1843, Hamburger Kunsthalle, Hamburg.

mendiants (les quatre)

 

Au milieu de l’hilarité causée par cette abondance de choses exquises,[…] il arrivait de nombreux plats de dessert : des quatre-mendiants en monceaux, des pyramides d’oranges, des tas de pommes, des fromages, des confitures, des fruits confits venus des profondeurs de ses armoires, qui, sans les circonstances, n’auraient pas figuré sur la nappe.

Honoré de Balzac

Les petits bourgeois

 

Parmi les espèces les plus estimées, les gendresses et les fines-d’Ollioules sont celles qu’on choisit préférablement aux autres figues sèches, afin d’en composer, pendant le carême et pour les collations de jeûne, une de ces assiettes appelées des quatre-mendiants.

Dictionnaire Général de la cuisine française ancienne et moderne…, 1853

 

Il y aura sur la table une bouteille de bière pasteurisée, les restes d’un gâteau de Savoie dans lequel sera encore planté un couteau, et un compotier de cristal taillé contenant des mendiants, c’est-à-dire un assortiment de fruits séchés, pruneaux, amandes, noix et noisettes, raisins de Smyrne et de Corinthe, figues et dattes.

Georges Perec

La Vie mode d’emploi

menthe

 

Sur le bord de l’herbe, il y avait une voiture à bras chargée de pain d’épice et de pastilles de menthe, et une marchande de coco vendait à boire sur une table dans le sillon…

Edmond et Jules de Goncourt

Germinie Lacerteux

 

Le grand diable de domestique avait sorti de la poche de son gilet une toute petite boîte d’écaille pleine de pastilles à la menthe. La comtesse les croquait avec des mines de vieille chatte gourmande.

Émile Zola

Son Excellence Eugène Rougon

 

À côté d’elle, sur l’étroite banquette de moleskine rouge, Lantier se prélassait, l’air chez lui, comme le vrai patron de la baraque ; et il envoyait négligemment la main dans un bocal de pastilles à la menthe, histoire de croquer du sucre par habitude.

Émile Zola

L’Assommoir

 

J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans presque dire, en remplit ses petites mains et les cache dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de pastilles de menthe anglaise, trop poivrée, elle vendrait sa grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché. Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la menthe et dit : “ Ma langue gèle, ma langue gèle ” avec des yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles, s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une irrésistible grimace de prétendue répugnance :

                 — Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût, celles-là étaient “ floques ”[blettes] ! 

Colette

Claudine à l’école

 

Je me souviens de Caille qui me faisait boire mon huile de foie de morue et me donnait une pastille de menthe.

Jean Giono

Mort d’un personnage

 

Ce dimanche 7 avril (j’ai retenu la date), Mamette babille, pousse d’une main sèche la roue caoutchoutée, évolue, au millimètre près, dans sa chambre d’infirme, vrai caravansérail. Elle avance dans des couloirs de meubles bas, de guéridons surchargés de livres et de fioles. Elle atteint le coin gauche, lorgne le plafond à solives d’où pendent des ficelles multicolores et comme on amène le drapeau, tire sur la rouge, qui laisse descendre le paquet de bonbons. Un pour Michel, un pour Louise, un pour Bruno, qui n’aiment pas la menthe, mais dont l’ironique admiration ne raterait pas ce rite pour un empire. Un pour elle qui, bien ménagé, fera durant une heure le va-et-vient entre ses joues.

Hervé Bazin

 Au nom du fils

 

D’un coup de langue, je la vis avaler le bonbon à la menthe, aussi longuement resucé que ses tendres projets.

Hervé Bazin

Au nom du fils

1924, 71 x 36 cm.

— Choisis une friandise, proposa l’oncle Henri.

             Les yeux d’Olivier brillèrent de convoitise, se promenèrent sur cet éventail gourmand, et il se souvint de sa première sortie avec son oncle lors de la visite au directeur de l’école de la rue Eugène-Varlin. Il regretta le roudoudou, mais en souvenir, il dit :

               — Une sucette à la menthe, mon oncle.

             Et l’oncle Henri demanda : “ Une sucette à la menthe ! ” tandis que le marchand répétait :

            — Une sucette à la menthe ? Voilà, mon petit gars.

            — Merci, m’sieur. Merci, mon oncle.

Robert Sabatier

Trois Sucettes à la menthe

 

[…] un rouble pour la régaler, — un peu de liqueur, de grains de tournesol, des gâteaux à la menthe, — deux roubles pour elle… À moi, pour mon tabac, quelque chose…

Ivan Bunin

Le sacrement de l’amour

 

Il feint de consulter un indicateur horaire alors qu’il achève en fait de recopier sur un petit rectangle de papier une recette de mont-cake prise dans un almanach à demi dissimulé sous l’indicateur.

Georges Perec

La Vie mode d’emploi

meringue

 

Une pyramide de meringues à la vanille et à la rose. (Cette éprouvette n’a d’effet nécessaire que sur les dames, et sur les hommes à mollets d’abbé, etc.).

Brillat-Savarin

Physiologie du Goût

 

Comparé à madame Evangélista, le papa Gobseck est une flanelle, un velours, une potion calmante, une meringue à la vanille, un oncle à dénouement.

Honoré de Balzac

Le contrat de mariage

 

Un mot de Gabrielle Rachilde. Elle appelle une meringue : un gâteau à la coque.

Jules Renard

Journal, 30 mars 1892

 

La meringue

Une bouchée de vent sucré que l’on parfume à la vanille.

Georges Barbarin*

 

* Cité par Curnonsky et Gaston Derys, Anthologie de la Gastronomie Française, 1936.

 

Ah si elles se laissaient dévoyer, les mignonnes !… le Jules… le sofa ! les meringues… l’ensorcelage ! si il gagnait ! Un bond ! deux bonds ! hop !… Sa fenêtre ! sa petite croisée… car il avait des meringues de diable ! des vraies fourrées crème !  […]

          Il gagnait.

          Il avait même des babas chez lui ! des babas au rhum !…

Louis-Ferdinand Céline

Féerie pour une autre fois

 

Ce fut coquet : consommé à l’ancienne, langouste à la Roscoff, cramouskis de volaille, poussins à la Giscours, alose grillée, meringues à la crème, desserts, champagne.

Jean Giono

Un roi sans divertissement

 

— Le cœur est fondant avec un goût d’orange et de liqueur, dit-elle les yeux luisants.

              Par curiosité, il prit à son tour une de ces “ meringues”. Il la fit tourner entre ses doigts, parut surpris de sa légèreté, de la délicatesse de ses courbes, de la beauté de ses creux et de ses pleins. C’était comme un peu de neige figée, une larme cristallisée dans le sucre. Il croqua du bout des dents.

                C’était solide et fondant à la fois. Cela s’éparpillait dans la bouche.

Jean-Christophe Duchon-Doris

Le cuisinier de Talleyrand

merveille

 

La collation vient, composée de quelques laitages, de gaufres, d’échaudés, de merveilles et d’autres mets du goût des enfants et des femmes.

Jean-Jacques Rousseau

Julie ou La Nouvelle Héloïse

 

[…]  puis viendraient les multiples tartes aux fruits ou à la confiture et enfin les “ merveilles”, ces légers gâteaux cuits à la friture et qu’elle réussissait à la perfection.

Claude Michelet

Des grives aux loups

miel

 

Vers 1935, 81 x 119 cm.

[…] dans le quatorzième livre Posidonius parlant du roi qui portait le même nom d’Antiochos, alors qu’il faisait campagne en Médie contre Arsacès, dit qu’il donna des réceptions chaque jour au milieu de grandes foules ; à ces occasions, ne comptant pas la masse de nourriture consommée ou rejetée comme rebut, chaque convive ramenait chez lui de la viande non découpée d’animaux du pays, de volailles, de créatures vivantes de la mer, et pouvant remplir un char ; et après tout cela, des quantités de gâteaux de miel et des couronnes de myrrhe et d’encens avec des filets d’or entremêlés aussi longs qu’un homme, imitant en cela les pratiques efféminées des Lydiens.

Athénée

Deipnosophistes, XII, 56

 

Que les onguents ruissellent de la chevelure brillante, que sa tête et son cou portent de souples guirlandes. Oui, viens ce jour, tandis que je t’apporte en hommage de l’encens, et de doux gâteaux au miel de l’Attique.

Tibulle

 Élégies, Livre I, élégie VII, Ier s. av. J.-C.

 

Ils boivent et ils mangent, les uns des galettes au miel, les autres du pain, les autres des gâteaux aux lentilles ; là, il ne leur manque absolument aucune des friandises que la terre noire fournit aux hommes […].

Solon

VIIs.,  Trimètres Ïambiques, 26

 

Dans ce peuple, l’indigent exerce l’hospitalité comme le riche : si celui-cy vous traite avec un agneau ou avec un mouton entier rôti, le pauvre offre un dindon, du lait, ou un gâteau de miel.

Alberto Fortis

Sur les mœurs et usages des Morlaques, appelés Montenegrins

En sortant de la palestre, nous apprîmes que Télaïre, femme de Pyrrhus, parent et ami d’Apollodore, venait d’être attaquée d’un accident qui menaçait sa vie. […] Quand elle eut rendu les derniers soupirs, toute la maison retentit de cris et de sanglots. Le corps fut lavé, parfumé d’essences, et revêtu d’une robe précieuse. On mit sur sa tête, couverte d’un voile, une couronne de fleurs ; dans ses mains un gâteau de farine et de miel, pour apaiser Cerbère ; et dans sa bouche une pièce d’argent d’une ou deux oboles, qu’il faut payer à Caron […]. 

Abbé Barthélemy

Voyage du jeune Anacharsis en Grèce

 

C’est là que se trouve la bouche de l’antre [où se trouve l’oracle] ; on y descend par le moyen d’une échelle […]. Des compositions de miel qu’on est obligé de tenir, ne permettent pas de porter la main sur les ressorts employés pour accélérer la descente ou le retour : mais pour écarter tout soupçon de supercherie, les prêtres supposent que l’antre est rempli de serpents, et qu’on se garantit de leurs morsures, en leur jetant ces gâteaux de miel

Abbé Barthélemy

Voyage du jeune Anacharsis en Grèce

 

Elle passait son temps avec sa duègne, ses demoiselles et ses esclaves, et celles-ci, pour le mieux employer, donnèrent dans la gourmandise et se mirent à fabriquer de ces mille petites choses à quoi le miel et le sucre communiquent tant de saveur.

Miguel de Cervantès Saavedra

Nouvelles exemplaires, « Le jaloux d’Estramadoure »

 

Pour nous, on nous a laissés dans la cour, ou fait entrer dans un divan inférieur. Là, une table était dressée à l’ européenne, chargée d’ une multitude de fruits confits, de gâteaux au miel et au sucre, de liqueurs et sorbets ; et pendant toute la soirée on a renouvelé cette collation à mesure que les nombreux visiteurs l’avaient épuisée.

Alphonse de Lamartine

Souvenirs…

 

Tout débordait de saumure, de truffes et d’assa fœtida. Les pyramides de fruits s’éboulaient sur les gâteaux au miel, et l’on n’avait pas oublié quelques-uns de ces petits chiens à gros ventre et à soies roses que l’on engraissait avec du marc d’olives, mets carthaginois en abomination aux autres peuples.

Gustave Flaubert

Salammbô

 

Ce fut elle qui ferma la bouche aux Paloque, qui s’acharnaient sur la maison des Mouret ; elle jeta un gâteau au miel à ces deux monstres.

Émile Zola

La Conquête de Plassans

 

Accroupis tout autour sur des nattes, nous mangions silencieusement : c’étaient des moutons entiers, tout ruisselants de beurre, qu’on apportait au bout d’une perche, des pâtisseries au miel, des confitures musquées, et enfin un grand plat de bois où des poulets s’étalaient dans la semoule dorée du kousskouss.

Alphonse Daudet

Paysages gastronomiques, « Contes du Lundi »

 

Excellent repas turc, recommandé au baron Brisse. Entre autres plats, je remarque un poulet aux amandes, un couscous à la vanille, une tortue à la viande – un peu lourde mais du plus haut goût – et des biscuits au miel qu’on appelle bouchées du kadi... Comme vin, rien que du champagne.

Alphonse Daudet

Lettres de mon moulin

 

On a dressé la table ronde

Sous la fraîcheur du cerisier.

Le miel fait les tartines blondes,

Un peu de ciel pleut dans le thé.

Maurice Carême

Le goûter

 

À travers les vitres, nous les [sapins de Noël] avons vus, plantés au milieu du salon chauffé et garnis de ravissants objets, pommes dorées, gâteaux de miel, jouets et des centaines de lumières.

Hans Christian Andersen

Contes Merveilleux, « Le sapin »

 

Zio Félix avait préparé une petite collation de laitage et de gâteaux au miel qu’on lui avait envoyés du pays pour la fête de l’Assomption.

Grazia Deledda

Les Tentations

 

Devant chaque cuisine une étagère expose les ingrédients du menu. Bols contenant des perles de cristal mou, cheveux d’ange, crabes de laque rouge, boules de givre, farines comme celles dont certains Sikhs se barbouillent le front, semoules de neige, le letchi qui est un baiser en conserve, tranches de pommes, de poires, de mangues, de pastèques, d’ananas, de papaye qui reposent, piquées au bout d’un cure-dent de bois, sur les blocs de glace, sirops de roses et les bottes de canne à sucre et les beignets au miel.

Jean Cocteau

Mon Premier Voyage

Tu vas aller chauffer une bouilloire et l’apporter ici pour le thé. Et tu amèneras aussi les biscuits et les gâteaux au miel.

Driss Chraïbi

Succession Ouverte

 

[…] épiceries qui sentaient le girofle et le café, petites échoppes où des marchands arabes vendaient des pâtisseries ruisselantes d’huile et de miel, cafés obscurs et profonds […].

Albert Camus

Le premier homme

 

On servait à présent des raisins secs de la Morée, des raisins d’Espagne, des canestrelli et des gâteaux au miel. Vint ensuite une énorme corbeille de gâteaux aux pignons de pin et de fruits confits de Gênes.

Orazio Bagnasco

Le Banquet

Bonbons au miel pur du Périgord-Viens pastille

Il existe, Mesdames, Messieurs,

Un bonbon délicieux

Qui régale jeunes et vieux,

C’est un bonbon fameux,

Au miel pur du Périgord.

Il est bien le plus fort.

Contre la toux, les maux de cou

On l’adopte surtout.

C’est ainsi,

Mes amis,

Que partout chacun s’écrie :

Viens pastille, viens pastille, viens,

Mon doux bonbon au miel,

Tu n’as pas ton pareil.

Ah !

Viens pastille, viens pastille, viens,

Soulager mon cou

Et viens guérir ma toux.

 Périgueux, 1904.

Chanson dédiée à M. le Président du Rucher du Périgord.

Air : Viens Poupoule.

mignardise

 

Pour vous, monsieur le chapelain, vous serez indulgent si je ne vous offre aujourd’hui des plats succulents tels que quartiers de chevreuil, hures de sanglier et faisans tout habillés de leurs plumes, avec raisiné, frangipane, fruits confits et autres mignardises de bouche…

Jules Lemaître

Les deux fleurs*

 

* « Conte du Moyen Âge » paru dans Les AnnalesPolitiques et Littéraires, 1er septembre 1895.

Milan (gâteau de)

 

Du reste, Luigi ne comptait pas ; c’était un cousin ; il lui apportait des petits gâteaux de Milan, qu’il achetait dans le passage Colbert.

Émile Zola

Son Excellence Eugène Rougon

millas

 

 

[…] c’est la bouillie de maïs jaune, une simple bouillie à l’eau, salée. Ici [Languedoc], on la trouve sur les marchés sous le nom de millas ou millassou, en rectangles de trois doigts et d’un bon centimètre d’épaisseur. On la fait cuire dans l’huile, jusqu’à l’entourer d’une pellicule croustillante toute dorée. On la mange brûlante avec les confitures sauvages :  un peu de mûre violette, l’azerole d’ambre, la purée orange du gratte-cul, la prunelle comme du verre bleu.

Marie Rouanet

Petit traité romanesque de cuisine

mille-feuilles

 

J’apportais les mille-feuilles qu’elle aimait, et les crémeux éclairs de chez Flammang.

Colette

L’Étoile Vesper

 

Une bande de rigolos, et la table toujours chargée de bonnes choses — […] gâteaux à la cannelle et Streussel Kuchen, gâteaux au chocolat et noix de toute espèce, […] puddings au riz et au tapioca, châtaignes rôties, mandarines, olives, cornichons, caviar rouge et noir, esturgeon fumé, meringues au citron, biscuits à la cuillère, éclairs au chocolat, macarons, millefeuilles à la crème, cigares noirs, longs Virginia maigres […].

Henry Miller

Printemps noir

 

Au 7, une boulangerie-pâtisserie. On y voit des pains dorés, des mille-feuilles, de grosses religieuses et des éclairs qui parfois semblent s’affaisser.

Robert Sabatier

le Chinois d’Afrique

 

Je jette un coup d’œil derrière la vitre… et je vois… parmi des pâtisseries de toutes sortes… un mille-feuille… épais comme ça… avec de la crème entre chaque feuille, qui débordait…nappé de sucre glace blanc…

Raymond Devos

Le mille-feuille

mirliton

 

Vous souvient-il que c’est là l’endroit de notre première entrevue ? On vous a apporté des mirlitons, le sucre en poudre faisait une moustache blanche à votre joli bec, vous étiez charmante, à donner envie de vous croquer comme les gâteaux.

Gustave Flaubert

lettre à Mademoiselle Amélie Bosquet, Croisset, 26 octobre 1863

 

[…] la pâtisserie ne réussit pas également bien dans tous les climats ; pour certains gâteaux délicats, la crème la plus exquise est indispensable. Eh bien, la bonne crème ne se trouve pas partout. Voilà donc que la pâtisserie ne sera vraiment prospère qu’aux pays de bons pâturages. Et ceci m’explique, à moi Normand, comment la Normandie est devenue la terre classique des friandises : tartes et mirlitons n’eurent jamais que là leur délicatesse, leur légèreté savoureuse et parfumée.

MagasinPittoresque, mars 1872

 

Ils étaient las tous les trois et chargés de porcelaine, de verrerie, de mirlitons, de bâtons de sucre de pomme, de pains d’épice et de macarons.

Anatole France

Les désirs de Jean Servien

mitron

 

Certes, M. Ribot est un artiste de talent, mais je ne crois pas qu’il suive la bonne voie.

                     Rappelez-vous le temps ou il était le peintre ordinaire de la corporation des pâtissiers. La foule s’attroupait devant ses compositions gaies et spirituelles, et il n’y avait qu’un cri ; je me trompe, il y en avait deux. On commençait par dire : “ Ah ! les jolis mitrons! ” On ajoutait bientôt : “ Mais qu’ils sont sales ! Pourquoi faut-il qu’ils aient jeté tant de charbon sur leur linge ?

Edmond About

Le Petit Journal

 

[…] c’est ainsi qu’il décida de m’initier en premier lieu aux secrets de la pâtisserie. Je pris donc bonnet blanc et pantalon à carreaux, et devins sans plus attendre “ petit mitron”, avenue de Villiers, chez le très respectable M. Michel.

Claude Terrail

Tour d’Argent

 

[…] des boulangeries gérantes avec des mitrons torse nu, en pantalon blanc, sortant des fours des plaques brûlantes garnies de milliers de pains aux raisins […].

Georges Perec, La Vie mode d’emploi

Les pâtissiers de Théodule Ribot

 

« Certes, M. Ribot est un artiste de talent, mais je ne crois pas qu'il suive la bonne voie.

Rappelez-vous le temps ou il était le peintre ordinaire de la corporation des pâtissiers. La foule s'attroupait devant ses compositions gaies et spirituelles, et il n'y avait qu'un cri ; je me trompe, il y en avait deux. On commençait par dire : “ Ah ! les jolis mitrons ! ” On ajoutait bientôt : “ Mais qu'ils sont sales ! Pourquoi faut-il qu'ils aient jeté tant de charbon sur leur linge ? »

Le jeune artiste se fatigua sans doute d'entendre cette critique, et il s'y déroba par un détour ingénieux : “ Si je déguisais mes pâtissiers en martyrs, en docteurs du temple, en personnages qui n'ont pas l'habitude de fourgonner dans les cuisines, mes taches de charbon passeraient pour des ombres. Le public s'est accoutumé à voir des plaques noires sur les tableaux de certains maîtres, comme les Carrache, par exemple, et Ribéra ; mon défaut favori va devenir une qualité ; où l'on blâmait un manque de soin, on admirera un style et un caractère. ”

Voilà comment M. Ribot a laissé la cuisine pour l'histoire et échangé son originalité contre celle de Ribéra. Le pastiche est flagrant. Passe encore si le peintre imitait la manière de Ribéra vivant! Mais non : ce qu'il prend pour modèle, c'est une peinture noircie par l'âge et manifestement altérée par l'exagération accidentelle de toutes les ombres. Il est bien démontré que le temps noircit a la longue les tableaux les plus clairs: que fera-il de ceux où l'on a devancé son action pour paraître plus tôt respectable et classique? Il les effacera tout à fait. Les docteurs de M. Ribot, ses martyrs et ses pâtissiers seront un jour noyés pêle-mêle dans un flot de cirage où personne ne les retrouvera: c'est dommage.

En attendant ce mal inévitable, vous pouvez, comme moi, constater un mal présent. L'abus du noir a déformé toutes ses figures. Reculez seulement à dix pas et dites-moi si jamais peintre a réuni tant de renfoncements dans un seul cadre ? Il n'y a pas de dessin qui résiste à ce procédé-là ! Mais la couleur s'en porte-t-elle mieux ? Pas même. M. Ribot a des blancs d'une intensité formidable, qui n'émettent pas le moindre reflet. Le petit pâtissier qui remplit le rôle principal dans le tableau du Christ et les docteurs est habillé de blanc d'argent. Il en a jusqu'au cou, et son cou n'en paraît que plus noir. C'est une erreur, et des plus graves. Un nègre d'Abyssinie, s'il était de blanc habillé, aurait la peau satinée de quelques reflets blancs. Que fait un photographe quand il veut éclairer vos ombres? Il va prendre un écran de papier blanc et le dispose de telle sorte que le blanc se reflète sur vous. »

Edmond About

Le Petit Journal

moka

 

Il était près d’une heure, quand ils regagnèrent à pied les hauteurs de Montmartre. Rue de la Chaussée-d’Antin, ils avaient acheté un gâteau, un moka ; et ils le mangèrent dans le lit, parce qu’il ne faisait pas chaud et que ça ne valait pas la peine d’allumer du feu.

Émile Zola

Nana

 

Des ouvriers qui flânochaient ajoutèrent qu’on donnait des gâteaux pour rien aux personnes qui se présentaient. Une grande rumeur se leva dans l’atelier. Sous prétexte d’aller aux urinoirs ou à la pompe, toute l’escouade des filles se rua dehors. Elles arrivèrent, haletantes, devant la boutique dont les vantaux étaient ouverts. —Des dames bien vêtues mangeaient délicatement, sur une soucoupe, le petit doigt en l’air, des mokas et des tartes. — La maîtresse de la maison demeura surprise devant cette invasion de soussouilles qui ricanaient d’un air bête, et elle leur demanda ce qu’elles voulaient. Elles avouèrent qu’elles venaient pour goûter aux gâteaux. On les flanqua immédiatement à la porte.

Joris Karl Huysmans

 Les Sœurs Vatard

 

L’autre soir, après le dîner, elle lui avait une fois de plus annoncé qu’elle lui ferait un bon gâteau aujourd’hui, une fois de plus lui avait demandé ce qu’il préfèrerait, un gâteau au chocolat ou un gâteau au moka.

Albert Cohen

Belle du Seigneur

mollet (gâteau)

 

Chaque soir, après le souper, qui était un délicat et très magnifique ordinaire, mes deux patrons étaient dans l’usage, chacun pour son ressort, de rapporter bonne partie de la desserte dans le réduit qu’ils occupaient : ce qui se composait, pour l’un, des restes splendides des ragoûts servis, porc, volaille, poissons et autres mets de ce genre ; et, pour l’autre, de gâteaux mollets ou croquants, de toute forme et de toute composition, où le miel se trouvait toujours comme ingrédient.

Apulée

L’Âne d’or ou les Métamorphoses

monstachole

 

Grand marsepain doré. Paste de genua. Sucades liquides. Gaufle succrée. Pastez de coing. Caneline Romaine. Marmelade blanche. Gelee blanche clere Pistachine. Tarte reale. Caneline longue. Pasté d’orenge. Lard d’amandes. Beurre de may. Oublies. Gelee rouge clere. Amandes succrees. Tourte de pommes. Canelle succree. Moustacholle. Succade seche. Friture bugnole. Pasté de succre. Samblette. Palamitte. Marmelade en forme. Tourte de creme. Pesche confite. Orenge confite auec les fleurs. Gelee de glace. Offaelle fueiltee. Grand biscuit succré, Friture de seringe. Crenelle de succre. Grand castelin. Capes confites. Poires confites. Neige sur rosmarin. Pommes crudes. Anis. Parmesan. Prunes de Hongrie confites, Gasteaux fueiltés. Castagne. Lorquin. Rosquille. Biscotelle.

Quatrième service d’un banquet, Liège, en décembre 1557*

 

* Banquet donné au palais de Liège, en l’honneur de Robert de Berges, comte de Walhain et prince de Liège.

mont-blanc

 

Après les asperges, les petits pois, les haricots verts, les artichauts farcis, vinrent les crèmes fouettées, non fouettées, glacées, prises, tournées. Puis les pâtisseries, baba, mont-blanc, saint-honoré, talmouses, croquembouches, achevèrent le triomphe du moderne Vatel et celui du général.

Comtesse de Ségur

L’Auberge de l’Ange-Gardien

monté (gâteau)

 

Hier, sur le bateau de la Bouille, j’ai vu une chose gigantesque, à savoir deux plats montés pour le repas de noces de Mlle Hardel ! Quelle architecture ! Le pâtissier se tenait debout auprès, et “ l’ élite” venait les examiner. Ces deux pâtisseries, hautes d’un pied et demi, étaient terminées par une sylphide ou ange portant des couronnes.

                  Le reste demanderait une page de description.

Gustave Flaubert

lettre à sa nièce Caroline, Croisset, mercredi 7 juillet 1869

 

Il y a, devant lui, sur la table, un superbe gâteau monté, dont on dirait l’Académie des Goncourt réalisée, en modèle réduit, par un pâtissier.

Jules Renard

Journal, 1893-1898

mort

 

 

Économies, économies, Horatio ! Les gâteaux  [baked meatsdu repas funèbre

Ont été servis froids au festin des noces.

Shakespeare

Hamlet

moscovite

 

[…] elle me proposa successivement des violettes candies, des cerises pralinées, des orangines, des dattes au café, des Eugénies, des boules à l’ananas, des amandes d’Aboukir, des Moscovites

              — Des Moscovites ? répétai-je ; pourquoi ce nom à des bonbons ?

              — C’est parce qu’ils sont fourrés, répondit-elle. ”

Charles Monselet

Le Double Almanach Gourmand, 1867

mostacciolo

 

Il y avait encore sur les tables des noix confites dans du vin rouge, des biscuits accompagnés de malvoisie, des mostaccioli napolitains, des pets-de-nonne, des tartes aux coings, aux poires muscates et à la frangipane[…].

Orazio Bagnasco

Le banquet

 

Velloni tient et le pavillon de Hanovre et cette maison au coin de la rue de Taitbout, où lui succède, dans l’hiver de l’an VI, le grand Tortoni, “ élève de Velloni, ” à qui Velloni révèle la recette du moustachiolly de Naples.

Edmond et Jules de Goncourt

Histoire de la Société Française pendant le Directoire

mouna

 

[…] c’était avec lui qu’au lundi de Pâques ils partaient avec toute la famille pour faire la mouna dans la forêt de Sidi-Ferruch […] on chargeait de bon matin dans le tramway les grands paniers à linge pleins de ces grossières brioches appelées mounas […].

Albert Camus

Le premier homme

mousse

 

Qu’est-ce que c’est que cette chose si jolie de ton que nous mangeons ? demanda Ski. — Cela s’appelle de la mousse à la fraise, dit Mme Verdurin. mais c’est ra-vis-sant. Il faudrait déboucher des bouteilles de château-margaux, de château-laffite, de porto.

Marcel Proust

Sodome et Gomorrhe

 

Nous étions bien reposés mais j’avais une faim de loup et sans me consulter, Maurice fonça droit dans une pâtisserie.

         Il restait sur une étagère de verre des gâteaux invraisemblables dans la confection desquels n’entraient ni œufs, ni beurre, ni sucre, ni farine. Le résultat était une mousse roussâtre au centre d’une pâte gluante et résistante à la fois, le tout surmonté d’un raisin de Corinthe et d’un quart de cerise confite.

Joseph Joffo

Un sac de billes

muffin

 

Je sonnai pour le thé et le garçon revint avec son fil magique; il apporta peu à peu une cinquantaine d’accessoires à ce breuvage, mais de thé, pas une goutte : un plateau, des tasses et des soucoupes, des assiettes, des couteaux et des fourchettes, y compris le couteau à découper, des cuillers de différentes dimensions, des salières, un modeste petit muffin enfermé avec une extrême précaution sous une forte cloche en fer:

Charles Dickens

Les Grandes Espérances

 

Le sourire de Mathilda annonçait une surprise […] et la surprise, c’était les muffins.

                      Parce que, quand il était gamin, il aimait les muffins à s’en rendre malade, parce qu’une fois, chez ses parents, à sept ou huit ans, il avait demandé, pour sa fête, qu’on lui servît, à son petit déjeuner, des muffinsautant qu’il en pourrait manger, la tradition s’était établie et, soixante ans plus tard, si loin de leur ferme du Connecticut, à l’autre bout des États-Unis, la douce Mathilda la respectait.

Georges Simenon

La Jument Perdue

mûre

 

Je veux parler de ces belles grappes de mûres sauvages, toutes parfumées du voisinage des lavandes et des romarins. Te souvient-il comme elles sont appétissantes, noires sous les feuilles vertes, et quelle fraîche saveur, moitié sucre, moitié vinaigre, elles ont pour les palais dignes de les apprécier ?

Émile Zola

Contes à Ninon

 

Tu ne mets jamais assez de beurre, dit-elle en plongeant le pain dans le café qui fit des vagues et déborda. Chez-moi j’avais des croissants frais tous les matins, et de la gelée de mûres préparée par ma mère.

Yann Queffélec

Les noces barbares

muscadin

 

 

Les dragées de Verdun sont excellentes ; les dragées au musc, les muscadins de Lyon sont excellents.

A.-A. Monteil

Histoire des Français des divers états…

myrtille

 

Mlle baba revint ; elle apportait sur un grand plateau les tasses, la cafetière, le pot au lait, le pot à miel, les tartines beurrées et la tarte aux myrtilles.

Guillaume Apollinaire

Le poète assassiné

 

— Commande-moi un dessert d’abord. Une tarte aux myrtilles. Je te conseille leurs cerises au marasquin.

Patrick Cauvin

L’amour aveugle

 

[…] il [le repas] comportait évidemment du caviar, mais aussi des calmars à la tarragonaise,  une selle de marcassin à la Cumberland, une salade de truffes et une charlotte aux myrtilles […].

Georges Perec

La Vie mode d’emploi

 

Parmi l’abondance de friandises que les trois serveuses, accaparées par Julius, apportèrent en procession, il remarqua d’emblée l’absence de la “ Marie-Thérèse ”, spécialité fameuse par la guirlande de myrtilles qui rafraîchit de leur fragrance champêtre un amalgame sophistiqué de pâte à chou, de mousses, de crèmes et de liqueurs.

Dominique Fernandez

L’Amour

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